Alors que sa candidature à la mairie de Lyon ne fait à présent aucun doute, ou presque, le dirigeant et homme d’affaires pourrait ratisser large et séduire un électorat allant du monde du business aux classes populaires.
C’est une petite musique qui monte depuis quelques semaines. Jean-Michel Aulas, ex-président de l’Olympique lyonnais et fondateur de l’entreprise de logiciels de gestion Cegid, pourrait se présenter aux élections municipales à Lyon en 2026. Comme il l’a déclaré hier 16 février au Figaro, « J’y réfléchis, bien sûr. »
Une réponse sans équivoque en forme de menace sérieuse pour Grégory Doucet (EELV), qui, pour sa part, a annoncé son souhait de se représenter à la mairie, dès décembre 2022 dans les colonnes du Monde, puis en décembre dernier, sur les ondes de Sud radio. Car s’il est néophyte en politique à l’âge de 75 ans (76 dans quelques jours), M. Aulas jouit toutefois d’une belle côte d’amour auprès des Lyonnais.
En premier lieu, auprès des sphères politiques de droite, qui voient en lui un messie inattendu et populaire afin de les sauver d’un naufrage électoral annoncé, conséquence logique d’une liste de candidats potentiels composée d’obscurs représentants d’un parti moribond – en l’espèce, Pierre Oliver et Béatrice de Montille de LR, respectivement maire du 2e et conseillère municipale du 3e arrondissement de Lyon. Le monde du business adoube aussi JMA, modèle de réussite pour beaucoup en raison de la trajectoire capitaliste de la Cegid, passée du statut de PME locale en 1983 à celui de multinationale générant un chiffre d’affaires de 626,7 millions d’euros 40 ans plus tard.
SOLLICITATIONS « DE TOUTES PARTS »
Mais Jean-Michel Aulas ne fraye pas uniquement avec les conservateurs et les libéraux. Une certaine frange de la classe populaire a aussi ses faveurs. Les Lyonnais nostalgiques de son épopée à la tête du club de foot local, entre 1987 et 2023, d’une reprise en deuxième division à sept titres de champion de France, sans parler des huit Ligues des Champions remportés avec l’équipe féminine, pourraient se montrer séduits par son profil de « gagnant ». En somme, l’homme d’affaires, natif de L’Arbresle, ratisse large. Il pourrait même attirer des personnes détournées de la politique. « Les sollicitations, à ma grande surprise, sont très nombreuses, et viennent de toutes parts, des commerçants aux politiques, en passant par les entrepreneurs, les jeunes », résume-t-il dans son interview au Figaro.
Fort de ce socle, de son amour sincère pour Lyon et du désamour supposé – voire de la haine – d’une partie des habitants de la ville pour l’administration Doucet, l’actuel vice-président délégué de la Fédération française de football se sentirait, d’après les rumeurs, comme investi d’une mission impérieuse visant à sauver la ville de Lyon des griffes des Ecologistes, qu’il égratigne régulièrement et avec véhémence sur X. Il ne fait aucun doute, ou presque, que M. Aulas se portera candidat à la mairie de Lyon. Reste à savoir quand il va l’annoncer.
