Lundi, 8h30. J’entre dans un supermarché bien connu de la rue de la République, à Lyon. Un homme blond d’une trentaine d’années, jean bleu et sweat à capuche, éructe : « Non, tu ne vas pas scanner mon produit ! Vas-y, tu peux appeler la police si tu veux ! » Il s’adresse, avec violence et en le tutoyant, au vigile posté à l’entrée du magasin. Ce dernier reste impassible, sourd aux invectives de son interlocuteur et certain d’être dans son bon droit. Il faut dire qu’un immense panneau est installé dès l’ouverture des portes du magasin, sur lequel il est écrit qu’une recrudescence des vols a été constatée et que les contrôles seraient renforcés. Une montée en puissance de la surveillance loin d’être agréable, j’en conviens.
Je n’ai pas le temps de m’attarder, et je monte à l’étage m’acheter à déjeuner. Lorsque je redescends, quelques minutes plus tard, le client se montre tout miel. Une probable responsable du magasin est arrivée sur place, et elle a, semble-t-il, réussi à scanner l’un de ses produits. L’agresseur s’adresse à elle en la vouvoyant et il s’excuse après d’elle en quittant le magasin, mais pas auprès du vigile. Ce dernier, dépité, me lance un « Bonjour monsieur », que je lui rends avec un regard compatissant, et il me demande aimablement de pouvoir scanner mon achat. Je m’exécute et lui souhaite bon courage.
